Le crowdfunding en Italie n’explose pas réellement

En Italie, ce sont pas moins de 100.000 projets qui ont été financés grâce au crowdfunding. Il faut savoir que le pays a été le premier en Europe a légiférer sur ce type de financement en 2012. La progression sur les dernières années est intéressante, mais les volumes restent encore trop faibles pour être un vrai succès.

L’Université Catholique du Sacré Coeur de Milan a fait une étude complète sur le crowdfunding en Italie. Ce seraient pas moins de 69 de ces sites internet de financement participatifs qui seraient actifs, et 13 seraient en cours de lancement. Une tendance assez proche de celle qu’on retrouve en France, mais dont les volumes restent encore très faibles. A titre d’exemple, ce sont seulement 57 millions d’euros qui ont été collectés en 2015. Cela représente quand même une croissance de 85% sur l’exercice, dixit l’article récent des Echos. Cela représente aussi une goutte d’eau dans les 35 milliards que génère le crowdfunding à travers le monde chaque année.

4% des italiens sont familiers avec le concept de crowdfunding

Les raisons pour ce succès en demi-teinte sont nombreuses. L’Université mentionne un taux d’utilisation d’internet qui est particulièrement faible en Italie : 58% de la population y a accès, contre 75% en Europe. Ce n’est pas le risque de tels projets qui dissuaderait les épargnants de gagner de l’argent sur internet. En conséquence, la familiarisation avec cette technologie, et plus particulièrement le paiement en ligne, n’est pas encore assez développée. Le cabinet Lorient Consulting affirme également que 4% des italiens seulement sont familiers avec le concept de crowdfunding.

Si Kickstarter est arrivé en Italie en 2015, ce n’est pourtant pas cette plateforme qui a pris le leadership sur le marché. Il faut se tourner du côté du site local Eppela, qui depuis 2011, a drainé pas moins de 12 millions d’euros. Le concept est assez original puisqu’il s’agit de « don contre don » – une initiative qui ne s’est pas encore développée dans les autres pays d’Europe. Les Echos affirme d’ailleurs que la société chercherait à lever entre 20 et 30 millions d’euros dans les mois à venir pour réaliser des acquisitions stratégiques en France, Espagne ou Allemagne. Ce n’est pas le seul à vouloir se lancer sur ces marchés puisque le français Lendix, qui a levé 12 millions d’euros, part lui aussi à la conquête de l’Espagne et l’Italie.

Crowdfunding en Italie

Le crowdfunding en Italie n’explose pas réellement
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