Refuser la hausse de vos tarifs bancaires, c’est possible !

Vous l’avez très certainement remarqué. Depuis le premier janvier 2017, les tarifs bancaires ont très nettement augmenté. En moyenne, la hausse a été de 13% ce qui est considérable. Vous ne le savez peut être pas, mais la loi vous autorise à refuser cette hausse et nous allons vous expliquer quelle démarche vous pouvez adopter. 

Croissance des frais bancaires

Ce sont principalement les cartes de paiement, les frais de tenue de compte et les retraits qui ont augmenté depuis le premier janvier dernier. Toutes les banques traditionnelles ont en effet répercuté la baisse des taux sur leurs clients en augmentent de manière considérable le prix de services de base. La hausse constatée est en moyenne de 13% ce qui est énorme d’après Serge Maître, le président de L’Association française des usagers des banques (Afub). Ce dernier invite les clients des banques à refuser massivement ces nouvelles tarifications des banques.

Le client peut dire NON

Ce n’est pas parce que la banque vous impose la hausse de ses tarifs que vous ne pouvez rien faire. En effet, elles ne peuvent pas non plus faire tout et n’importe quoi. Les clients doivent obligatoirement être tenus informés des hausses pratiquée et il doit être clairement précisé qu’en absence de réponse sous 60 jours, le changement sera considéré comme « accepté ». Ce point est bien souvent mis de côté par les banques qui espèrent fortement que leurs clients ne prendront pas la peine de répondre.

Comment faire pour refuser ?

Afin de refuser la hausse des prix de vos prestations bancaires, il faut envoyer votre lettre dans les 2 mois précédant la mise en application des nouveaux tarifs. Parfois, la banque « oublie » de vous préciser ce délai de 2 mois, dans quel cas vous pouvez effectuer votre plainte à n’importe quel moment, après avoir constaté la hausse de vos tarifs bancaires. Quoi qu’il en soit, vous devrez envoyer une lettre en recommandée par la poste à votre établissement bancaire pour lui dire que vous n’acceptez pas la hausse de ses tarifs. Pensez à envoyer une copie de cette lettre au ministère des Finances en mettant en avant l’article L312-1-1 du Code monétaire et financier. En effet, vous êtes légalement en droit de refuser cette hausse.

Quel intérêt d’envoyer une copie pour le ministère des Finances ?

Cela permettra de mettre davantage de pression sur les banques et pourra faire réagir les pouvoirs publics. En effet, tout seul, vous ne pouvez pas faire grand chose… Seuls les pouvoirs publics peuvent véritablement vous aider dans votre démarche. En effet, ils ont le pouvoir de de mettre en place un vrai régulateur. En 2015, ce sont des milliers de lettre qui ont été reçues par Michel Sapin, Ministre de l’économie et des finances. Il avait alors demandé un rapport qui n’a malheureusement donné lieu à aucune suite…Il faut donc réessayer cette année.

Une réponse est-elle attendue de la part de votre banque ?

Le courrier que vous allez lui envoyer n’amène normalement aucune réponse. En effet, elle doit tout simplement obéir à la loi. Parfois, les établissements bancaires répondent, mais ce n’est jamais bon signe. En effet, c’est souvent pour dire « non » et donner les raisons de la non prise en compte du refus de leur client. Ce cas de figure s’est notamment produit l’an dernier avec la Banque Postale. Quand elles agissent ainsi, elles violent la loi et vous êtes parfaitement dans vos droits.

La banque peut-elle clôturer votre compte et vous virer ?

Parfois, votre conseiller va vous dire que si vous refusez, alors votre compte sera clôturé. N’ayez crainte, il s’agît simplement d’un beau coup de bluff. Bien entendu, une banque a toujours le droit, pour x ou y raison, de fermer un compte à n’importe quel moment. Cependant, face à la quantité massive de contestations qu’elles reçoivent, ce serait une très mauvaise stratégie de mettre les menaces à exécution. En effet, en 2015, environ 100.000 personnes avaient contesté. Alors que les banques traditionnelles peinent à faire face à la concurrence des banques en ligne, se priver de 100.000 clients reviendrait véritablement à se tirer une balle dans le pieds. L’an dernier, pas un seul compte n’avait alors été clôturé.

Notez qu’en plus que depuis quelques années, les clients insatisfaits seront d’autant plus incités à dire au revoir à leur établissement traditionnel en faveur d’une banque en ligne. En effet, les services de mobilité bancaire développés par les établissements dématérialisés permettent aux clients de changer de banque très facilement. On peut notamment citer Hello Start de Hello Bank!, B Switch de BforBank, le Switching Service de ING Direct ou encore EasyMove de Boursorama Banque.

Que faire si la banque refuse votre refus ?

Si vous pouvez vous le permettre, foncez vers une banque en ligne. En effet, elles exigent toutes des revenus minimums à justifier. Ils sont de 1.000 euros nets par mois chez Hello Bank! et Boursorama Banque, de 1.200 euros chez ING Direct et de 1.600 euros chez BforBank. En revanche, il vous suffit juste d’être en mesure de prouver ces revenus. Cela n’aura aucun impact sur le coût de votre compte bancaire. Bien au contraire, cette sélection leur permet de proposer des tarifs extrêmement compétitifs. Contrairement aux établissements bancaires traditionnels, elles n’ont pas répercuté de hausse sur leur tarification. Vous pourrez donc profiter de carte bancaire gratuite, de paiements en Europe sans frais,…tout cela avec un service client d’excellente qualité. N’hésitez pas à consulter notre comparatif des meilleures banques en ligne pour découvrir l’intégralité de leur offre.

Visiter Hello Bank

L’argument de la baisse des marges est-il sérieux ?

C’est certainement l’une des meilleures blagues que les banques ont pu sortir ces derniers temps. En effet, si l’on prend par exemple la Banque Postale qui fait partie des banques les moins bien loties, ses bénéfices étaient de 800 millions d’euros l’année dernière. La BNP Paribas, quant à elle est plus aux alentours du milliard d’euros de bénéfice. Elles se plaignent alors qu’elles affichent des bénéfices qui demeurent exceptionnels. Bien entendu, elles ne peuvent plus réaliser des croissances annuelles de leur profit de 3 à 6% comme dans leurs meilleures années, mais cela reste malgré tout  très correcte. En effet, avec un PIB qui ne croît même pas de 1% par an, il est dur d’espérer réaliser des bénéfices records. Les banques qui justifient leur hausse tarifaire par la baisse de leurs marges se moquent juste gentiment de vous.

Conclusion

Malheureusement, il n’existe pas encore de réelle régulation qui permet de contrôler les tarifications pratiquées par les banques, et, surtout, leurs fréquentes augmentations. Avec plus de 99 Français sur 100 « bancarisés », les banques ont de véritables pouvoirs de négociation et en jouent énormément. Heureusement, l’arrivée des banques en ligne a fortement augmenté la concurrence et offre désormais une alternative à une très grande partie de la population.

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