Un an après, quel est l’impact de la loi sur la mobilité bancaire ?

Cela fait maintenant une année que la loi sur la Mobilité Bancaire est entrée en vigueur : les banques doivent désormais prendre en charge gratuitement les démarches de changement de banque pour le compte de leurs clients. Malheureusement, cette nouvelle loi n’a pas vraiment bouleversé le marché.

La mobilité bancaire n’a pas significativement augmenté

Dans la dernière étude publiée par Le Monde et publiée le 6 février 2018, on apprend que le français moyen aura payé 193,80 euros de frais bancaires en 2017. A titre de comparaison, un établissement en ligne comme Boursorama Banque n’en aura facturé qu’en moyenne 11,75 euros. D’un établissement bancaire à l’autre, les frais pour un même service peuvent être significativement différents. Les français ont donc un réel intérêt à changer de banque, et c’est ce à quoi est censé contribuer la loi sur la Mobilité Bancaire – également appelée loi Macron.

Boursorama : 11,75€ de frais

Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, les banques doivent obligatoirement prendre en charge sans frais les démarches pour transférer le compte d’un client, si celui-ci a signé explicitement un mandat de mobilité bancaire. Si 80% des personnes qui ont changé de banque dans la dernière année ont utilisé ce service pour faciliter leur démarche de transition bancaire (source : Grégory Guermonprez, directeur Fortuneo France), le volume de demandes de changements de banque n’a pas réellement augmenté : dixit le DG ING Direct France, Olivier Luquet, « il y a eu une légère augmentation de la mobilité bancaire, qui était de l’ordre de 3,5% à 4% par an, et que l’on peut estimer à environ 5% par an ».

Le taux de pénétration des banques en ligne va doubler en 4 ans

Parmi les grands gagnants de cette loi sur la Mobilité Bancaire, on retrouve les banques en ligne. Boursorama Banque se félicite d’avoir capté environ « 7% des clients qui ont changé de banque » selon un sondage réalisé par Arcane Research au courant du mois de septembre dernier. Selon le cabinet de conseil Simon Kutcher and Partners anticipe que  « le taux de pénétration des banques digitales devrait doubler dans les quatre prochaines années » (actuellement 10% des français ont un compte bancaire en ligne) grâce à cette nouvelle loi.

Banque en ligne

Alors que les français sont toujours plus mécontents des services offerts par leur banque, tous ne franchissent pas le pas. Quelles en sont les raisons ? L’une des raison est que le fait que cette loi sur la mobilité bancaire ne concerne que les comptes courants. Autrement dit, le transfert d’un PEL ou d’un PEA ne seront pas exonérés de frais (respectivement en moyenne 81 et 155 euros en 2017). Les personnes qui souhaitent changer de banque auront donc quand même des frais à payer si leur nouvel établissement ne les soutient pas.

Les banques en ligne prennent en charge les autres frais

Dans le cas de la banque en ligne, nombreuses sont celles qui prennent en charge une partie des dépenses. Par exemple, BforBank rembourse jusqu’à 2.000 euros de frais de transfert pour un compte-titres. C’est pour cette raison également que le DG de Fortuneo Banque, Grégory Guermonprez, recommande de « passer à la loi Macron 2, à une deuxième étape », où le coût de transfert de tous les produits bancaires seront pris en charge par le nouvel établissement bancaire.

Le DG Boursorama Banque, Benoît Grisoni rappelle également que les français « détiennent le record d’ancienneté en Europe, 20 ans en moyenne. Ils ne se lèvent pas le matin en se disant « aujourd’hui, je change de banque ». Et c’est à nous, banquiers, de rappeler régulièrement la simplicité du dispositif ». Malgré l’insatisfaction, les français conservent leur attachement à leur banque. Mais jusqu’à quand ?

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